Des Voix en exil

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Myroslava Shenher - Lauréate concours d'éloquence 2025 -
Myroslava Shenher – Lauréate concours d’éloquence 2025 – « Voix en exil »

Pour la troisième année consécutive, le musée d’Orsay s’est associé au Haut-Commissariat aux Réfugiés pour accueillir le concours d’éloquence « Voix en exil », qui donne la parole à des étudiants réfugiés en France. La double ambition de ces deux institutions est de faire entendre la voix et les messages de jeunes réfugiés, tout en promouvant le rôle de la culture et de l’art dans leur parcours d’intégration en France.

Cette année, ce sont huit candidats et candidates originaires d’Afghanistan, du Burundi, du Bangladesh, de Colombie, du Soudan et d’Ukraine, qui se sont prêtés au jeu pour partager leur histoire, leurs aspirations et leur volonté de contribuer positivement à la société qui les accueille. Ils se sont exprimés dans le grand auditorium du musée d’Orsay devant un jury présidé par Alexis Michalik, dramaturge, comédien et metteur en scène.

Après deux premières éditions sur le thème, d’une part, de l’accès à l’enseignement supérieur des personnes réfugiées, et d’autre part, de l’égalité des chances et l’inclusion, le thème de 2025 s’appuyait sur une citation de Filippo Grandi, le haut-commissaire des Nations unies pour les Réfugiés : « L’heure est à la solidarité, pas au repli sur soi ». Petit défi supplémentaire, les candidats devaient insérer dans leur plaidoirie un clin d’œil à un artiste du musée d’Orsay et à son œuvre. Pour se préparer, chacun était accompagné par un étudiant membre d’une association d’éloquence, pour travailler l’écriture, la diction, la posture et la confiance en soi.

Défendre un monde plus juste et solidaire

Quelle émotion que d’écouter ces jeunes déclamer leur texte en français, alors que certains d’entre eux ne parlaient pas notre langue deux ans auparavant ! Leur ferveur, leur volonté de s’intégrer, tout en conservant l’âme de leur pays natal, leur courage pour affronter un auditoire bienveillant mais exigeant, tout cela suscitait l’admiration.

Tous avaient en commun l’envie de défendre un monde plus juste et solidaire. Comment ne pas vouloir y croire avec eux ?

Leur parole, au-delà de leur histoire souvent douloureuse et de leur talent oratoire, évoquait des choses simples, comme leur gratitude pour un sourire, une main tendue, un repas partagé, tous ces actes anodins du quotidien, ces gestes d’humanité qui prennent une autre dimension quand on se retrouve seul en territoire inconnu. Tous ces petits signes précieux qui, comme l’a dit une candidate, « nous prouvent qu’on n’est pas invisibles ». D’autres mots touchent par leur expression passionnée et sincère : « Moi, en France, je veux être acteur de changement », ou bien « Soutenir les réfugiés, c’est semer les graines de la paix de demain », « La solidarité, c’est la force partagée » et encore « Le vrai danger, c’est la peur de l’autre ». Sans oublier le clin d’œil artistique de la gagnante du concours 2025, Miroslava Shener, pour qui le tableau de Monet La gare Saint-Lazare est une métaphore du départ, mais aussi de l’espoir du retour.

Les trois gagnants du concours 2025 sont l’Ukrainienne Miroslava Shener, l’Afghan Sabram Karimi Salashoom et le Colombien Sebastian Hernandez Ramirez.

Les assistants à cette belle rencontre ont quitté l’auditorium avec beaucoup d’émotion et la conviction renforcée que la connaissance de l’autre est l’unique voie vers un monde plus paisible et plus harmonieux.

Pascale